L’histoire du chien

De toutes les créatures de la terre, le chien, et lui seul, a entretenu avec l’homme une relation unique et particulière, et en quelque sorte déroutante. S’il a toujours été un animal familier, le chien est aussi bien plus que cela. Même de nos jours, c’est un compagnon, un ami, celui qui nous porte un amour et une fidélité sans pareils.

D’autres créatures ont joué, et continuent de jouer, un rôle important dans l’évolution et l’histoire de l’homme. Certaines ont été vénérées jusqu’à s’inscrire dans la religion ou la mythologie. En fait, l’homme essaie aujourd’hui d’en savoir davantage sur ses relations avec d’autres formes de vie animale dans les domaines de la biologie, de l’anthropologie et de la psychologie. Mais de tout ce qui court, nage, vole, saute ou rampe sur cette terre, aucun être n’a occupé, de manière aussi constante dans la vie de l’homme, une place aussi importante et universelle que le chien.

Le rôle du chien dans l’histoire

Le rôle que le chien a tenu, et que parfois il tient encore, couvre toute l’étendue des besoins, des espoirs et des craintes de l’homme, allant de la vénération sacrée et du symbolisme aux aspects plus pratiques et plus matériels de sa vie.  Le chien a chassé avec l’homme dans la chaleur des déserts et tiré ses traîneaux dans l’âpre froid de l’Arctique. Ce fut un berger rassemblant le troupeau ou ramenant l’animal égaré, et aussi un chasseur de prédateurs. Pendant la guerre, il fut une sentinelle, un messager et un allié au combat. En temps de paix, il fut un gardien fidèle, protégeant la caverne, le château ou la chaumière.  Les Peaux-Rouges lui ont appris à tirer le travois, système fait de deux baliveaux sur lesquels on entasse divers fardeaux, faisant de lui un animal de trait. Le chien suit à la trace aussi bien le voyageur perdu que le criminel échappé, et prête généreusement ses yeux à ceux qui ont perdu la vue.

Dans les îles septentrionales du Japon, il a été dressé à nager le long du littoral pour chasser le poisson vers le filet des pêcheurs. Tour à tour attaquant ou défenseur, le chien collabore avec l’homme à l’intérieur d’une relation qui n’est égalée par aucune autre espèce sur la terre.

Un symbole de divinité

Mais cet aspect pratique et matériel n’est qu’une partie de cette relation. Dans l’Antiquité, les chiens étaient les symboles vénérés de divinités. Des bijoux et des pièces de monnaie d’Alexandrie nous montrent le dieu Hermanubis habillé en Romain et avec une tête de chien. Les prêtres d’Hermanubis portaient tous des masques de bois figurant une tête de chien au museau noir avec des lignes blanches et noires sur le cou.  Divinité funéraire, Hermanubis était considéré comme le dieu des âmes défuntes. Les parsis de l’Inde ont également introduit le chien dans leurs rites funèbres. A la veille de mourir, le parsi se voyait muni d’un petit chien qu’on lui posait sur la poitrine, le museau près de sa bouche afin de recueillir son dernier souffle.

Les Grecs et les Romains faisaient garder leurs temples par des chiens, et ceux-ci étaient parfois jusqu’à un millier par temple. Certains étaient sacrés et s’intégraient au rituel, d’autres étaient destinés à garder l’esprit des dieux ou le trésor, bien réel celui-là. Quand on fêtait Artémis, déesse de la chasse, les chiens étaient couronnés de guirlandes de fleurs, habitude que nous avons conservée lorsque nous couronnons le pur-sang ou le lévrier vainqueur. Les Chinois et les Tibétains avaient eux aussi leurs chiens sacrés. Au Tibet, certains chiens n’étaient élevés que dans les monastères, en tant qu’animaux sacrés ; citons parmi eux le terrien tibétain et l’apso de Lhassa. Dans les monastères bouddhistes de Mongolie, les chow-chows étaient élevés et dressés à garder les sanctuaires, et les lamas gardaient jalousement secrète l’origine de certaines variétés de ces animaux qu’ils avaient mises au point.

Les Grecs, convaincus des propriétés assainissantes des chiens, avaient développé une thérapeutique basée sur le lèchement. Cette théorie a trouvé un écho depuis l’Europe chrétienne jusqu’au Congo. Des pièces d’argent datant de 350 avant 14 / Les chiens notre ère montrent Esculape, le dieu de la médecine, avec un chien au pied de son trône.

C’est ainsi que le chien a joué un rôle unique dans l’histoire de l’homme. On a analysé, construit des théories et spéculé sans fin sur la relation qui l’unit à l’homme, sans trouver d’explication satisfaisante. Toutes sortes de théories ont été avancées, certaines par des behavioristes fortement armés d’expériences sur l’animal et d’analyses cliniques ; d’autres par des poètes imaginatifs ou sentimentaux ; d’autres, enfin, déduites de raisonnements anthropomorphes. Elles ont donné lieu à autant de questions que de réponses.  Une chose est certaine : quelque part, à un moment donné de l’histoire de l’homme, le chien s’est mis à marcher en sa compagnie.

Pourquoi ? Nous n’avons pas de réponse, seulement des hypothèses.

Au cours des âges, l’homme fut capable non seulement d’exploiter les caractéristiques et les qualités naturelles du chien, mais encore de les orienter dans des voies bien définies. Du chien, son allié et son ami, il a tiré une variété étonnante de races faites sur mesure, chacune répondant à un besoin particulier, pratique ou sentimental. La grande souplesse génétique du chien en tant qu’espèce a permis de mettre au point cent quinze races officiellement reconnues.

C’est beaucoup par comparaison avec le chat dont la cellule génétique est plutôt rigide. C’est pourquoi celui qui envisage d’adopter un chien peut choisir parmi une variété de tailles, de tempéraments et de qualités que n’offre aucune autre catégorie d’animaux familiers.

Les qualités du chien

Les chiens ont bien d’autres qualités inégalées. Ils sont chaleureux, sensibles, aimables, donnant d’eux-mêmes autant que vous le leur permettez. Bien qu’ils exigent plus de soins, de temps et d’efforts que les autres animaux familiers, ce qu’ils vous donnent en retour en chaleur, en amitié et en loyauté n’est mis en balance par personne. Un chien peut enseigner aux enfants (et aux adultes) le sens de la responsabilité, du soin attentif, de la tendresse et des égards pour les créatures vivantes. Grâce aux schémas de base de son comportement, il peut aussi nous apprendre l’essentiel du comportement animal, y compris celui de l’humain.  Le chien fournit une compagnie d’un genre très particulier, une compréhension aimante qui se manifeste de façon tacite. Un autre aspect, souvent négligé dans l’appréciation qu’on a de lui en tant qu’animal familier est son côté esthétique, chaque race ayant un style et une séduction qui lui sont propres.

Nous considérerons les chiens en tant que races pures — bien que nombre de plutôt que mêlées, pour trois raisons choses s’appliquent à tous. En premier lieu, l’intérêt pour les races pures s’est développé à un point tel que la majorité des animaux vendus appartiennent à cette catégorie. Ensuite, alors qu’un sang mêlé peut se révéler grand ou petit, mince ou gras, rapide ou lent, un pur-sang a généralement des caractéristiques définies de tempérament et de morphologie. Enfin, les races pures ont une allure nettement plus esthétique.

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