L’apparition du lapin nain

Par quels mécanismes est-on arrivé de cet animal uniformément gris, le lapin sauvage, à des animaux d’apparence si variée? Uniquement en favorisant la reproduction des mutants.

Si deux animaux de race pure s’accouplent, leurs descendants présenteront exactement les mêmes caractéristiques que leurs parents. Ainsi, des lapins de garenne, gris et petits, ne peuvent naître que de nouveaux, petits et gris lapins de garenne. D’où la persistance des caractères d’une race ou d’une espèce à travers les siècles.

La règle de la mutation

La seule exception à cette règle est la mutation : il s’agit d’un changement très limité de la structure de l’ADN, cette molécule très complexe qui se trouve sous forme de chromosomes dans le noyau de toute cellule et qui caractérise chaque race et chaque individu.  La plupart du temps, la mutation ne provoque aucun changement visible et la descendance est semblable aux parents. Si un changement apparaît, il s’agit le plus souvent d’avortements.  Troisième possibilité: des mutants viables apparaissent: ils sont semblables à leurs parents, sauf par un détail : la production hépatique de telle ou telle molécule, la solidité de leurs ongles, la longueur de leurs oreilles ou la couleur de leur pelage…

L’avenir de la variation apparue dépend du milieu : si le mutant est moins adapté que ses parents, il meurt plus vite; s’il l’est plus, il survit plus longtemps, et a ainsi plus de chances de procréer. Ses descendants, s’ils portent la même modification, seront aussi plus adaptés, donc auront plus de chances de procréer, etc., et peu à peu la population mutante remplace la population originelle.

C’est ainsi que les races se modifient lentement, qu’à partir du même petit mammifère sont apparus dans les plaines les chevaux, dans les marais les hippopotames et dans les forêts les singes.

Or qu’arrive-t-il aux mutants des lapins sauvages? Si leurs poils sont d’une autre couleur que le gris, ils sont moins camouflés, plus facilement repérés par les prédateurs. Ils n’ont aucune chance de survie.

Dans les élevages, le taux de mutation n’est pas plus élevé.

Mais les lapins ne dépendent plus de la nature pour survivre. Les nouvelles couleurs, ou d’autres modifications (taille, forme des oreilles) peuvent se transmettre, de génération en génération. En croisant entre eux les mutants, on obtient des animaux ne possédant aucun gène sauvage, et une nouvelle race est créée, Au sein de cette race peut apparaître une nouvelle mutation, etc.

L’apparition de nouvelles races

L’apparition de nouvelles races est parfois très aléatoire. Elle dépend alors de la curiosité et de la patience de l’éleveur. Une race récente, le rex, a été créée au début de ce siècle par un éleveur qui avait vu naître simultanément deux lapins à poils très courts, par chance, de sexe opposé.

L’histoire du lapin nain débute par la création de l’hermine, lapin nain albinos. Ce lapin a été créé en Angleterre, à partir du croisement entre une petite race, le polonais, et diverses races anglaises également petites.  Les premiers exemples connus ont été présentés au public en 1915.

Puis l’histoire du lapin nain passe la Manche. Ce sont les Hollandais qui, poursuivant les croisements entre hermines et différents lapins colorés, aboutirent à une race désormais fixée, le lapin nain. Il n’y a pas plus de trente ans de cela. Une telle émulation a saisi les éleveurs que les nouvelles variétés sont chaque année plus nombreuses.  On connaissait les nains chinchillas, les nains garennes, etc…, voici venir des animaux plus surprenants, tels le nain bélier. Enfin des éleveurs, poussant de plus en plus loin la miniaturisation, parviennent à faire naître de merveilleux petits animaux de moins de cinq cent grammes à la taille adulte. Que nous réserve l’avenir?

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