Histoire de la domestication du lapin

Depuis plusieurs milliers d’années, les lapins vivent aussi bien en Europe (oryctolagus cuniculus huxleyi) qu’en Amérique (oryctolagus cuniculus sylvilagus).

Cependant, l’histoire de ses rapports avec l’homme débute autour de la Méditerranée : en Afrique du Nord, aux Baléares, surtout dans la Péninsule Ibérique, où les lapins étaient si nombreux que l’Espagne lui doit son nom : les Phéniciens en effet baptisèrent ce pays « Schephania », c’est- à-dire « Terre à lapins ». Le nom devint peu à peu « Sche spanya » puis « Espafia ».

Les Romains, ayant colonisé l’Espagne, tentèrent de garder quelques lièvres dans des enclos appelés leporarium. Mais les lièvres trop fragiles supportaient mal la captivité et mouraient en trop grand nombre. Les fermiers romains capturèrent alors des lapins sauvages qui eux s’adaptèrent remarquablement bien et se mirent à pulluler.

Dans ce mode d’élevage, les lapins restaient des animaux sauvages libres de s’accoupler comme ils le voulaient. L’usage survécut à la chute de l’empire romain et se répandit en France. C’est à des moines du Sud de la France, plus poussés par la gourmandise que par l’amour des bêtes, que nous devons la véritable domestication du lapin: ils appréciaient beaucoup Lapin nain de couleur: martre bleu la chair des embryons de lapin, qu’ils consommaient lors du Carême et des autres périodes de jeûne, car ce mets n’était pas considéré comme « viande ». Pour pouvoir disposer plus commodément de ce plat raffiné, ils se donnèrent la peine d’apprivoiser les lapins, de leur faire quitter leurs terriers pour des cages où leur reproduction put être mieux contrôlée.

Les différentes races de lapins, caractérisées par les couleurs du pelage (blanc, jaune, noir, bleu, moucheté, etc.) et par la taille apparurent par sélection au XV Ile siècle.

Les méthodes d’élevage sont perfectionnées au XVIIIe siècle par Fréderic II de Prusse, qui sut apprécier la valeur marchande des lapins, en particulier de leur peau.

Puis l’élevage du lapin fut une affaire familiale, bien développée en particulier dans le Nord et dans l’Est de la France, où les mineurs, pour nourrir leurs familles avec un seul animal, s’attachèrent à créer des races d’énormes lapins.

L’élevage du lapin bénéficie maintenant des nouvelles connaissances en matière de zoologie, de biologie, et surtout de génétique. Plus de cinquante races ont été créées par sélection, certaines pour produire de la viande, d’autres du poil, et d’autres, comme les lapins nains, pour l’agrément.
 

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